L'Opération SalAMI! est née avec la tenue d'une campagne citoyenne d'actions contre l'Accord multilatéral sur l'investissement (AMI, qui a inspiré son nom à SalAMI!). L'Opération SalAMI! est surtout connue pour son blocage pacifique du site de la Conférence de Montréal sur la mondialisation des économies, en mai 1998.



À cette occasion, plusieurs centaines de personnes ont encerclé pendant cinq heures le Centre Sheraton, perturbant sérieusement le plus important rassemblement annuel en Amérique du Nord des élites commerciale, financière, politique et universitaire sur le thème de la mondialisation. L'Opération SalAMI! a réclamé que le Canada se retire des négociations autour du projet d'Accord multilatéral sur l'investissement. Profitant de la présence sur place de Donald Johnston, secrétaire général de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), parrain de l'AMI, le blocage du Sheraton constitue l'une des trois actions les plus importantes menées contre le projet d'accord à l'échelle internationale.

Ces mobilisations ont forcé l'abandon de l'AMI, du moins dans le cadre de l'OCDE. Mis ensemble, l'action de désobéissance civile, les conférences et teach-in organisés avec des partenaires comme Alternatives, le Groupe de recherche sur l'intégration continentale et les mouvements syndicaux, étudiants, écologistes et populaires, deux réveillons festifs du 1er mai devant la Bourse de Montréal, sans oublier le procès retentissant d'une centaine de participantEs au printemps 1999, les activités de SalAMI! ont largement contribué à faire connaître et à dénoncer les impacts néfastes de la mondialisation.

Historiquement, Opération SalAMI! fait partie d'une mouvance de plusieurs centaines de personnes au Québec qui mène d'importantes campagnes contre la mondialisation et des actions de désobéissance civile de masse. Son foyer organisateur est un réseau de quelques dizaines d'activistes, habituellement associées à des groupes bien implantés dans leur milieu.

En 1997, le Plan G, prélude à SalAMI!, avait forcé la fermeture pour une journée du plus gros édifice gouvernemental du Québec, le Complexe G dans la vieille capitale. Cette action, une première de cette envergure au Québec, revendiquait un revenu décent pour tout le monde, la hausse du salaire minimum, la réduction de la semaine de travail, des services publics et sociaux gratuits, universels et de qualité, le contrôle démocratique et communautaire des ressources, ainsi qu'une économie mondiale fondée sur des échanges équitables et la solidarité.

Conçue d'abord comme une action ponctuelle, l'Opération SalAMI! est rapidement devenue une mouvance cherchant à se structurer. Son noyau a entrepris une réflexion stratégique et travaille à mettre sur pied une organisation permanente. Déjà, se dessine une plate-forme originale avec une structure innovatrice.

Le réseau de SalAMI! évalue entre autres la possibilité d'organiser un blocage de la Bourse de Montréal comme centre nerveux de la mondialisation financière et de la sphère spéculative qui met aujourd'hui en péril la survie des peuples et de la planète entière. En temps opportun, l'espoir serait de contribuer à l'émergence d'un mouvement mondialisé de résistance civile ciblant simultanément les Bourses de plusieurs pays. Un autre projet à moyen terme auquel songe le réseau est celui d'organiser un vaste mouvement contre le Sommet des Amériques (où se négocie la Zone de libre-échange des Amériques), dans la ville de Québec en 2001.

Au coeur de la mission de SalAMI! réside la volonté de créer à long terme une nouvelle forme de pouvoir social susceptible de contrer et de renverser les dynamiques d'appauvrissement et de destruction accélérées qui accompagnent la mainmise de l'élite financière et politique sur les ressources et les peuples du monde. Trois