Quatre artistes, quatre pays, quatre thèmes qui permettront de mieux comprendre le contexte sociopolitique de l’Amérique latine, l’impact des politiques de la mondialisation et la diversité des résistances, par la musique et les paroles d’artistes talentueux et passionnés.

La Crise économique: En suivant Anibal et Charly, membres du groupe Santa Revuelta, nous découvrirons l’Argentine en pleine crise économique et sociale. Nous suivrons le groupe dans ses déplacements, à leurs concerts improvisés sur les barricades, dans les quartiers populaires où les populations ne peuvent compter que sur elles-mêmes pour survivre, dans un pays où plus personne ne fait confiance aux dirigeants politiques. « Que se vayan todos! » (Qu’ils s’en aillent tous!) est le cri de ralliement populaire.




 

Leurs rythmes de cumbia, salsa et merengue font danser et leurs paroles font réfléchir. Anibal, le compositeur et chanteur principal, est économiste de formation. Excellent vulgarisateur, il dresse avec habileté le tableau de la crise et de la résistance.

La Frontière: Lieu de démarcation entre le Nord et le Sud, entre les riches et les pauvres du continent, la frontière est un lieu de prédilection pour Lila Downs. Née d’un père américain et d’une mère autochtone mexicaine (Mixteca), elle chante l’injustice subie par des milliers de gens qui tentent de la traverser à la recherche d’une vie meilleure; des milliers se font refouler: ils se rabattent sur des emplois dans les maquiladoras, lieux du nouvel esclavage. Nous visiterons avec Lila le village de sa mère près de Oaxaca, où les autochtones, quoique majoritaires, subissent toujours la discrimination et l’oppression.

Le Déplacement forcé: Oye Me Choco, musiciens, paysans et artisans, ont eux-mêmes vécu l’expérience du déplacement forcé d’une communauté qui, comme tant d’autres en Amérique, fait obstacle aux grands projets de barrage, de mines et de routes. Ils résistent au « développement » qui fait d’eux des exclus permanents. Nous voyageons loin dans la forêt pluviale pour visiter une communauté qui a décidé courageusement de retourner dans sa région, sous la menace de nouvelles invasions militaires. La communauté chante son expérience et sa résistance. La musique va du vallenato traditionnel, au rap et hip hop des jeunes du village.

La Terre : Tourbillon de sons et de couleurs, Chico Cesar donne un concert pour le Movimiento Sem Terra (Mouvement des sans terre) dans un continent où la terre est toujours sous le contrôle des oligarchies et les paysans sont dépossédés de leur source de survie. Issu lui-même d’un petit village et d’une famille de paysans, Chico Cesar s’est inspiré de la vie, mais aussi de la force de ces gens, surtout des femmes, pour écrire sa chanson à grand succès Mama Africa. Nous visiterons avec lui une occupation de terre organisée par le MST. Par ses échanges avec les paysans et travailleurs, nous découvrirons les enjeux de ces luttes, et son engagement en tant qu’artiste connu.

Les quatre artistes se distinguent par leur style, leurs sources d’inspiration, mais aussi par leur notoriété. Chico César et Lila Downs mènent des carrières internationales, leurs représentations attirent des milliers de spectateurs. Des maisons de disques distribuent leurs CD, et leurs messages sont diffusés à grande échelle.
Par contraste, Santa Revuelta se rend directement sur les lieux de la lutte, chez les gens, dans les rues et les bidonvilles, pour chanter sur des scènes improvisées. Tous les militants de la région les connaissent bien. Ils produisent eux-mêmes leurs CD et les distribuent gratuitement. Le groupe Oye Me Choco est formé de paysans et d’artisans qui vivent dans leur communauté isolée dans la jungle. Leur CD a été produit à l’aide d’un organisme de solidarité.

Quatre réalités d’artistes et quatre formes d’engagement. Tous sont charismatiques et passionnés par les causes qu’ils chantent. Ensemble, ils forment le portrait d’une Amérique vibrante, imaginative et qui s’affirme. Ne serait-ce pas l’Amérique de demain ?



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