Sur le bord de la rivière Cacarica, au cœur de la jungle de Colombie, près de la frontière avec le Panama il y a le « territoire de vie » de CAVIDA (Communautés pour l’autodétermination, la vie et la dignité) dans la province de Choco, une des régions les plus pauvres du pays.

Entre le 24 et le 28 février 1997, les 300 familles réparties dans les 23 hameaux de la région avaient dû fuir les meurtres et la terreur exercée par les groupes paramilitaires, quittant leurs foyers et allant ainsi faire grossir le chiffre déjà fort important des réfugiés internes, déplacés par la force en Colombie (près de 2 millions).





Le fusil sur la tempe, les paysans du bassin de la Cacarica avaient alors promis de revenir. Quatre ans plus tard, ils ont finalement pris le chemin du retour, non sans l’appui nécessaire d’organismes de défense des droits humains et d’observateurs internationaux.

Les musiciens de ces communautés ont ainsi enregistré un disque, « Oyeme Choco », pour conserver la mémoire des injustices qu’ils ont subies. Le vallenato, la chirimia et le rap sont les styles musicaux populaires qu’ils ont choisi, composant paroles et musiques eux-mêmes, non seulement pour témoigner des 70 assassinats et de leurs terres illégalement exploitées pendant ces années, mais aussi pour affirmer leur résistance, pour demander que les coupables soient punis, pour réclamer justice, fraternité, vie et dignité. La musique est variée : les jeunes ont choisi de s’exprimer sur des rythmes de rap, et les plus vieux reprennent les airs de vallenato à l’accordéon. Les mélodies de Oyeme Choco font maintenant partie de leur quotidien.



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