Décembre 1991
En Algérie, les résultats du premier tour des élections législatives donnent 2/3 des sièges au Front Islamique du Salut (FIS), un mouvement politique islamiste. Le gouvernement annule les élections, en proclamant que les résultats mettent fin à la démocratie en Algérie.

1992
Suite à l’annulation des élection, des combats s’engagent entre diverses factions armées du FIS et du gouvernement. Le 9 février, l’état d’urgence est déclaré. En dix ans, la guerre civile fera entre 100 000 et 150 000 morts, et 8000 disparus.

4 mars 1997
À cause de la situation de violence qui sévit en Algérie, Citoyenneté et Immigration Canada décrète un moratoire sur les renvois.

Septembre 1997
En Algérie, le «massacre de Benthala», un village de la région d’Alger, fait entre 400 et 600 morts en une nuit.

1997-98
Arrivée de Mohamed Cherfi au Canada, via les Etats-Unis. Il revendique le statut de réfugié devant la Commission de l’immigration et du statut de réfugié, mais sa demande est refusée.

1999
En Algérie, Abdelaziz Boutefilka est élu président.

Mars 2002
Le premier ministre Jean Chrétien effectue un voyage en Algérie dans le cadre d’un voyage en Afrique pour la promotion du développement du continent. Il est le premier ministre canadien à visiter l’Algérie en 20 ans.

5 avril 2002
Suite à une visite en Algérie, le ministre de l’Immigration, Denis Coderre, lève le moratoire sur les renvois. Il décrète que la violence a diminué en Algérie.
Un millier d’Algériens vivant au Canada, principalement à Montréal, font face à une déportation vers l’Algérie ou le «tiers pays» de leur arrivée (Etats-Unis ou autre).
Les Algériens sans statut créent alors le CASS, le Comité d’Action des sans-statut algériens, pour faire valoir leur droit de rester au Canada.

Mai 2002
La compagnie canadienne SNC Lavalin signe un contrat avec le gouvernement algérien, estimé à 141 millions de dollars.

28 juin 2002
La nouvelle Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés entre en vigueur, remplaçant la précédente Loi sur l’immigration.

26 juillet 2002
Une centaine de sans-statut algériens et des sympathisants manifestent devant les bureaux de Citoyenneté et Immigration Canada pour demander l’arrêt immédiat des déportations vers l’Algérie.

17 septembre 2002
La compagnie canadienne First Calgary Petroleums Ltd annonce la signature d’un contrat avec l’Entreprise Nationale de Forage (ENAFOR), leader du forage en Algérie, pour le forage de deux puits de pétrole dans ce pays.

8 octobre 2002
Des centaines d’Algériens de Montréal organisent une manifestation pour exprimer leur solidarité avec une famille algérienne menacée de déportation imminente – Mourad Bourouissa, Nadia Seddiki, enceinte, et leur fils Ahmed, né au Canada. Les manifestants craignent d’être persécutés s’ils retournent en Algérie.

20 octobre 2002
La famille Seddiki-Bourouisa se réfugie dans la United Union Church, à Montréal, pour éviter la déportation.

30 octobre 2002
Suite aux pressions du CASS, une procédure spéciale est mise en place par Ottawa et Québec pour réévaluer la situation des sans-statut algériens.

5 décembre 2002
L’Entente sur le tiers pays sûr entre le Canada et les Etats-Unis est adoptée. Elle entrera en vigueur le 29 décembre 2004.

10 janvier 2003
SNC Lavalin International signe un contrat de 96 millions de dollars avec une agence algérienne pour un projet d’irrigation de la ville de Skikda, à 400 km à l’est d’Alger.

18 au 22 janvier 2003
Le ministre de l’immigration, Denis Coderre, effectue un voyage de quatre jours en Algérie, à la suite duquel il déclare que le pays a changé et que les Algériens expulsés du Canada n’y seront pas en danger.
Par contre, dans ses conseils aux voyageurs, le Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international maintient sa recommandation aux Canadiens de ne pas se rendre en Algérie, jugeant la situation trop violente.

29 mai 2003
Onze sans-statut algériens et deux sympathisantes occupent le bureau du ministre de l’Immigration Denis Coderre (tel que montré dans le film). Ils sont arrêtés brutalement avec l’aide de «tasers» (pistolets électriques), et accusés de méfait.

10 février 2004
Un ordre d’expulsion est émis contre Mohamed Cherfi. Celui-ci décide de ne pas se présenter à l’Immigration et se réfugie à l’église unie de Québec, où le pasteur, Gérald Doré, lui accorde sa protection.

5 mars 2004
Mohamed Cherfi est expulsé de force de l’église par la police de Québec, qui le remet rapidement aux autorités américaines. De là, il est transféré dans une prison à sécurité maximale des environs de Buffalo, à Batavia.

8 avril 2004
En Algérie, le président Bouteflika est réélu avec 85% des voix.

22 octobre 2004
L’immigration américaine refuse à Mohamed Cherfi le statut de réfugié.

29 décembre 2004
Entrée en vigueur de l’Entente sur le tiers pays sûr entre le Canada et les Etats-Unis.

Juin 2005
Une cour d’appel des Etats-Unis accorde à Mohamed Cherfi le statut de réfugié. Au Canada, une procédure d’appel devait être mise en place avec la nouvelle Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés du 28 juin 2002, mais elle est annulée dès l’entrée en vigueur de la loi.

18 au 25 juin 2005
Des centaines de sans-statut de toutes origines organisent une marche de huit jours entre Montréal et Ottawa pour demander la régularisation de tous les sans-statut au Canada. Parmi eux, beaucoup de sans-statut algériens et plusieurs personnages du film!
Pour plus de détails sur la marche «Personne n’est illégal», visitez le site de Solidarité sans frontières

Juillet 2005
Après quinze mois de prison, Mohamed Cherfi est libéré. Il vit maintenant aux Etats-Unis. Il est interdit de séjour au Canada.

Septembre 2005
Le Québec accorde un certificat de sélection à Mohamed Cherfi. Il faudra encore attendre entre un et cinq ans pour qu’il obtienne sa résidence canadienne et puisse revenir au Canada.

24 février 2006
Onze manifestants impliqués dans le CASS et accusés de méfait suite à l’occupation du bureau du ministre de l’Immigration Denis Coderre le 29 mai 2003 (tel que montré dans le film) sont acquittés.
Mohamed Cherfi et Djamel Meziani, déportés avant l’audience, n’ont pas été acquittés.
Pour plus d’informations concernant cette décision, veuillez vous référer au site de Solidarité sans frontières http://solidarityacrossborders.org/fr/node/118


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